4ème de couverture:
Lorsqu’on a la chance de travailler avec Laurent Coos, on se rend compte tout de suite de son ouverture d’esprit, donc de son adaptation instantanée à la situation, preuve de son intelligence. Pour lui, écrire est une passion qu’il manie avec esprit, il y a un début, une fin, et toujours un scénario entre les deux qui fascinera tout amateur de Stephen King. Et quand on a vécu comme Laurent à Amityville, aux Etats-Unis, tout est possible, surtout vos pires cauchemars…
Résumé : Le Mal fut envoyé il y a longtemps sur cette Terre. Par périodes, il prend son dû et écarte de la vie normale certains d’entre nous et s’en sert. A la taille d’un homme, est-il possible de supporter plus d’une minute la vision du malheur absolu sans perdre la tête à tout jamais ?! Malgré ce que je viens de vous dire, « Il pleut en enfer » est un bouquin d’un optimisme phénoménal. Ah ! Si seulement nous écoutions un peu plus nos amis lumineux autour de nous… Bref, un thriller/fantastique incontournable.
Extraits:
1 …
Une forte pluie tombe sur la ville sans discontinuer.
L’homme enlève son ciré et se dirige prestement vers le vieux lavabo de la cuisine. Il ouvre le robinet et frotte ses mains sous le jet d’eau froide. Aussitôt, un liquide rougeâtre tourbillonne dans l’évier avant d’être aspiré par le siphon. Après avoir essuyé ses grosses mains charnues, il s’éponge le front à l’aide d’un linge qui normalement est destiné à essuyer la vaisselle.
L’espace de quelques secondes, un rictus affreux se peint sur son visage et tout son corps est parcouru de tremblements. Dehors, le vent redouble d’intensité, chassant violemment la pluie contre les vitres et la nuit tombe déjà sur la ville. De l’autre côté de la rue, un chien aboie et une vieille dame s’empresse de rentrer chez elle en brandissant son parapluie.
L’homme sort de la cuisine, descend à la cave éclairée par une ampoule de faible voltage et ouvre le portillon de l’antique chaudière à bois. Une vive chaleur lui fouette aussitôt le visage. Il demeure pendant de longues secondes à contempler les flammes qui dansent à l’intérieur, identiques à des petits êtres diaboliques se mouvant à une cadence frénétique.
Puis il s’empare du vieux sac en toile qu’il avait déposé au pied de la chaudière quelques minutes auparavant, et, sans même l’ouvrir, le jette dans le foyer. Les flammes se mettent immédiatement à le lécher, comme des enfants gourmands qui passeraient leurs langues autour d’un cornet glacé, avant de l’engloutir complètement. Une odeur nauséabonde envahit le sous-sol et il s’empresse de refermer le lourd portillon en fonte.
Au même moment, quelqu’un frappe à la porte.
2 …
Le jeune scientifique examina la carte d’un air incrédule.
- Si je comprends bien, les croix indiquent où sont concentrées les forces du mal ?
- Précisément.
- D’après ce que je vois, celles-ci sont plutôt bien réparties ! Mais ces indications sont elles fiables ?
- Disons qu’il y en a trois dont je suis sûr, suite à des événements tragiques qui s’y sont déroulés.
Le Professeur posa son index sur un point bien précis de l’Afrique, tout près de la mer rouge.
- Le premier est : La pyramide de Snéfrou dont je vous ai parlé tout à l’heure. Là où les archéologues ont retrouvé le fameux médaillon qui se trouve en bas. C’est l’un des six endroits maudits.
- Et… Et les autres ?
Le vieil homme déplaça son doigt en direction du continent américain et l’immobilisa au nord-est de New York.
- Le deuxième se situe aux Etats-Unis, dans la petite bourgade d’Amityville. Je pense que vous connaissez cette fameuse maison hantée.
Le jeune homme éclata de rire.
- Oui, j’ai vu le film.
- Ne riez pas, jeune homme. Ce film fût tiré d’événements réels ! L’un des occupants de cette maison a réellement descendu toute sa famille, en proie à des forces occultes qui l’y ont contraint.
- Arrêtez, vous allez me faire flipper ! Je pense simplement que toute cette histoire a été montée en épingle par la presse et les producteurs de cinéma. Le vieil homme secoua la tête.
- C’est le propre de l’être humain de renier l’évidence !
3 …
- Vous avez la panique de l’avion à ce point ? fit le chirurgien, amusé. Karl se redressa sur son siège.
- C’est le moins que l’on puisse dire !
- Si ça peut vous rassurer, j’utilise ce moyen de transport des dizaines de fois par an et je suis toujours là !
Karl jeta un coup d’œil inquiet à travers le hublot. Tout à coup, une vision cauchemardesque lui glaça le sang et il lâcha un cri étouffé. Sous la lumière de la pleine lune, une immonde créature faisant penser à une chauve-souris, juchée sur l’aile de l’avion, était en train de s’attaquer au moteur. Le chirurgien s’aperçut de son malaise à ses yeux exorbités.
- Eh bien, que se passe-t-il encore ?
Pour toute réponse, Karl pointa son index vers le hublot. Déconcerté, Frank Duval observa à son tour à travers la vitre. Puis il tourna la tête vers le jeune parapsychologue avec le regard de quelqu’un qui se pose visiblement des questions.
- Je ne vois rien, tout est normal ! (Contrairement à vous, aurait-il voulu ajouter.)
Karl bondit de son siège, enjamba son compagnon de fortune, et alla coller son nez contre le hublot. Elle était toujours là. Cette créature diabolique rongeait un tuyau d’alimentation hydraulique avec une grimace obscène. Mais ce n’était ni une chauve-souris ou autre créature terrestre, non, elle semblait surgir tout droit des entrailles de l’enfer. Ses vastes ailes, d’un brun grisâtre, étaient repliées sur elles-mêmes et une longue queue semblable à celle d’un lion tourbillonnait dans le ciel. Ses longues oreilles pointues et échancrées surmontaient une tête triangulaire et ses yeux, brillants comme des rubis au soleil, exprimaient une haine farouche. Le monstre tourna la tête vers lui avec un sourire machiavélique, comme pour dire :
« T’as la trouille, hein Karl ! Tu vois ce que je suis en train de faire ?... Crois-moi, tu n’as aucune chance d’en réchapper ! Ce gros tas de ferraille va s’écraser au sol et même ta mère ne reconnaîtra pas ce qui restera de ta carcasse… »
«Au secours ! » hurla Karl à pleins poumons.
…/…
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