4ème de couverture:
Mélangez un détective privé du genre Humphrey Bogart et une poupée blonde qui a des ennuis, vous obtenez le parfait polar noir des années 50 aux Etats-Unis. Bernard Lancourt est considéré comme l’écrivain français le plus lu sur le web. On comprend pourquoi dès les premières phrases du livre, il a un style, un ton et un humour à part, de quoi ravir de bien nombreux lecteurs. Il vit en ce moment à New-York.
Résumé: Steve Baxter, détective privé à Orangetown, ville située au nord de New York City, attend une mystérieuse cliente qui lui a donné rendez-vous pour affaire au Al's Diner. Il patiente en devisant avec le barman lorsqu'une femme d'une beauté extraordinaire, fait son entrée. Est-elle la cliente qu'il attend ? En tout cas, Steve Baxter, lui, n'attend pas. A peine ont-ils eu le temps de faire connaissance qu'un homme armé pénètre dans la salle déserte en visant la femme. Dans quel mic mac Steve Baxter se trouve-t-il fourré ?... D'autant que la belle est aussi la fille de Raymond McKenzie, surnommé Big Mac, figure locale et accessoirement propriétaire d'un club cherchant à "distraire" la bonne bourgeoisie new-yorkaise toute proche. On ne l'apprend qu'après une série de meurtres, et une aventure qui laissera le lecteur à bout de souffle.
Extraits:
1… Il n'avait pas encore versé mon café que la porte derrière moi s'ouvrit et se ferma. Une blonde entra. Vision charmante, emmitouflée dans un vison d'argent. Son parfum me monta à la tête avec la douceur de la brise embaumée d'un matin de printemps. En bon limier, j'appréciai ce parfum et je me retournai complètement pour mieux le respirer. Elle ne me gratifia même pas d'un regard. Elle laissa tomber un « good morning », comme si elle crachait par terre. Elle alla s'asseoir à une table. Je la suivis des yeux. Al avait surpris l'expression que je sentais gravée sur mon visage. Il me dit :
- Si j'étais à votre place et si j'avais le choix, je laisserais tomber.
- Ah, mais voilà ! moi, je n'ai pas le choix, lançai-je sans faire attention à ce qu'il m'avait dit, ni à ce que je lui avais répondu.
- Elle doit avoir beaucoup bu car elle a l'air bourrée.
- Elle est profonde celle-la, je l'étudierai à la maison.
J'allumai une cigarette, aspirai profondément la fumée et laissai glisser mes fesses hors de mon tabouret. À travers le nuage de fumée qui sortait de mes poumons, je lui soufflai :
- Sois gentil, apporte-moi mon café à sa table.
Je n'ai jamais laissé passer une occase de me créer des ennuis et je n'allais pas commencer aujourd'hui, à une heure du matin.
2… Une minute passa. Deux voitures arrivèrent dans un boucan complètement inutile qui dut réveiller le maire de la ville et son District Attorney. Rick Clarcke et John Lupard couraient vers nous. Rick est détective. C'est un homme costaud qui est dans la police depuis dix ans. Il ne plaisante pas, du moins, seulement dans de rares occasions. Sous le bord de son chapeau brillaient ses yeux de fantôme et, sur ses lèvres minces errait le fantôme d'un sourire. John est son jeune assistant. Son uniforme bleu était au pli et son étoile brillait à en faire pâlir, les autres, celles que j'aime contempler dans le ciel. C'est un jeune homme de vingt-six ans. Sa taille est moyenne et ses cheveux blonds s'échappent partout de sa casquette. Il a des traits réguliers et des yeux singuliers qui n'ont encore rien vu, car il a du mal à les ouvrir. Je promenai mon regard de l'un à l'autre, constatant que les deux ensembles auraient pu former quelqu'un qui ressemblât à un bon flic. Je leur racontai ce qui s'était passé, tout en songeant qu'avec un désintégrateur moléculaire comme celui que j'avais vu dans un film, j'aurais volontiers tenté l'expérience de les fondre en une seule personne qui en valût deux, alors que les deux séparés n'en valaient pas une.
3… Elle se tenait au milieu du salon sans se soucier de moi. Elle s'était mise à danser au son d'une rumba sans musique. Tout en mouvant son corps comme un serpent, elle me regardait à travers son verre vide qu'elle tenait contre son œil droit. Ce genre de jeu ne peut conduire qu'au plumard. Lui donner la réplique équivalait à s'allonger dans son cercueil, car sa compagnie me semblait plus dangereuse que celle du serpent dont elle mimait si bien les contorsions. Soudain, tout en roulant des hanches, elle se retrouva contre ma poitrine ; elle passa ses bras sous les miens, tentant de me faire danser la rumba avec elle. En sentant son étreinte, je me souvins que quelqu'un de très calé m'avait fait remarquer un jour qu'« étreinte » et « éternité » s'écrivaient avec les mêmes lettres de l'alphabet et cela me ficha la trouille car je suis superstitieux. …/…
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