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"Une année comme les autres" Alain Drapeau

9.99EUR

4ème de couverture:

Roman fresque.


Alain Drapeau n’a pas son égal dans la description minutieuse qu’il nous offre de ses personnages et de leurs faits et gestes. Après « Pierrot de Montreuil » et « La montre ou si vous voulez mon avis… », l’auteur monte encore d’un niveau pour rejoindre les plus grands écrivains en laissant libre cours à la puissance de ses évocations. La maturité de son écriture supporte allègrement ces presque 400 pages qui coulent comme un long fleuve tranquille.
Arrivé à la dernière page de cette formidable fresque, on en réclame encore ! C’est ça, les Grands.

Ce livre est monté très haut dans la maison d’édition Grasset, jusqu’au comité de lecture et de sélection où les commentaires étaient tous élogieux. Heureusement, l’édition numérique n’a pas les mêmes contraintes financières, ce qui nous permet de vous rendre disponible ce petit chef-d’œuvre.

Résumé: Louvigné, un petit bourg breton situé à une vingtaine de kilomètres de Rennes. Suivant le rythme immuable des saisons, Baptiste aide son père aux travaux de la ferme, pendant que sa mère s'occupe de ses bêtes et se dépense sans compter aux autres tâches et elles sont nombreuses à cette époque. Son ami Bertrand l’invite un jour à rencontrer deux jeunes filles au café du bourg, l’amour pétille à la table, puis dans les bois. Florence, rejetée par ses parents, viendra vivre à la ferme. Pour cette famille simple qui offre son cœur sans détour, commence alors une année pas tout à fait comme les autres. Joies, drames, revirements de situation, cette aquarelle lumineuse, d’une époque pas si lointaine que ça, vous chavirera l’âme.



Extraits:

1… — Adieu, Baptiste ! s’exclama le nouveau venu en levant la main. Ça va-t-y ? Y a bien longtemps qu’on ne t’a vu. C’est-y que tu te cacherais ?
— Adieu, Bertrand ! répondit le grand blond en maintenant plus fermement la bride de la jument. Tu sais bien que je vais rarement au bourg. Ça doit bien faire trois semaines que j’y suis pas monté.
— Mais, répliqua le dénommé Bertrand, tu vas y crever, bientôt, dans ta ferme ! Faut te remuer mon vieux. Tu restes toujours terré dans ton trou. On a vingt-quatre ans, nom de Dieu !
— Oui. Mais, j’ai à faire, rétorqua Baptiste.
— C’est pas vrai, ça ! dit Bertrand. Qu’est-ce que tu fais dimanche après-midi ?
— Euh…
— Bon ! Tu viens avec nous, ajouta-t-il. J’ai rendez-vous avec Christine.
— Tu crois pas que je vais venir tenir la chandelle à un gars avec sa bonne amie ? protesta Baptiste. De quoi je vais avoir l’air, moi ?
— Mais non ! dit Bertrand. On sera pas tout seuls. Christine, elle s’est fait une nouvelle amie. Elle est au bourg depuis peu. Je l’ai vue. Elle est pas mal ! C’est même de la belle fille. Et, en plus, elle a l’air d’aimer rire. Alors ? Ça te dit ?
— Je vais y penser, répondit Baptiste, évasif.
— Non, non ! protesta Bertrand. Allez ! On compte sur toi.
— Bon, d’accord. finit par lâcher Baptiste. On s'attend à l'entrée du bourg ?
— Non, non ! dit Bertrand. Moins on se fera voir, mieux ce sera. Faut pas faire jacasser les pies ! Je passerai te prendre à deux heures et on montera ensemble. Allez, adieu !

2… Elle s’installa, confortablement adossée à une touffe de foin, face à lui mais, gênée par l’étroitesse de sa jupe, elle la remonta au-dessus des genoux pour pouvoir replier les jambes. Elle posa près d’elle son châle et ses bas.
— Comment tu me trouves ? demanda-t-elle tout à coup, faussement innocente.
— …T’es belle ! répondit le jeune homme, gêné, après une hésitation. T’es même la plus belle que j’ai rencontrée jusqu’ici… Et de loin ! parvint-il à ajouter.
— Et tu me trouves bien faite aussi, hein ? Tu sais que j’ai vu ce que tu regardais au café, dit la jeune fille en faisant mine de le menacer de son index tendu. Mais, c’est normal. Après tout, c’est de notre âge.
Elle ouvrit deux boutons de son chemisier et écarta doucement les pans du tissu. Baptiste n’en revenait pas. Son visage s’empourpra. Il avait chaud. Il tremblait d’émotion. Ce qu’il voyait ne ressemblait à rien de ce qu’il avait pu connaître jusqu’ici : le corsage, maintenant largement ouvert, dévoilait un soutien-gorge de satin blanc au V profond. Dans cet écrin précieux étaient nichés deux superbes globes serrés l’un contre l’autre. Ils se trouvaient comme enchâssés et, ainsi comprimés, ils formaient un léger relief au-dessus de la bordure de dentelle qui les mettait en valeur.
— Tu devrais te mettre à l’aise aussi, dit Florence avec un regard amusé. Attends, je vais le faire pour toi.

3… Le dimanche matin, enfin, le soleil réapparut. Thérèse avait enfilé une robe bleu-marine semée de petites fleurs et avait coiffé son chapeau de paille noire garni de mousseline pour se rendre à la messe. Son mari, lui, n’y allait plus depuis dix ans au moins, depuis ce jour où Lucien avait arrosé la vente de trois veaux.
Martin n’avait pas bu grand-chose, ce jour-là, juste deux ou trois petits verres, mais, lui, il n’avait pas trop l’habitude de boire du vin. En sortant, il était un peu échauffé et, aux vêpres, le curé lui avait fait remarquer qu’il chantait un peu trop fort. Vexé, le fermier avait juré de ne jamais remettre les pieds à l’église.
Baptiste, lui, n’était pas intéressé par toutes ces “bondieuseries”. Il ne fréquentait pas trop, non plus, tous ces gars qui se retrouvaient au bourg le dimanche pour boire plus que de raison et se raconter des histoires comme des commères.
Le jeune homme devait se rendre présentable pour cet après-midi. Il avait tout brassé dans sa tête pendant cette semaine. À l’écurie, dans les champs, sur le chemin, à table… la nuit, surtout la nuit. Il avait repensé à Florence. Il avait imaginé toutes les situations. Elle lui disait oui et il la prenait dans ses bras, fou de bonheur. Elle refusait et il se sentait vidé de toute substance. Elle demandait à réfléchir encore et il devenait orateur pour la convaincre.
Il était lavé, rasé. Ses vêtements l’attendaient sur le lit. Ce serait le jour le plus important de sa vie.

…/…


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  • Auteur : Drapeau Alain

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Ce eBook a été ajouté à notre catalogue le dimanche 13 avril 2008.

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